Vous êtes ici : Accueil > Archives septembre 2008/juin 2010 > Documentaires > La tortue
Par : CM2
Publié : 21 février 2010

La tortue

Quelle est la vitesse des tortues ?

Les tortues de terre sont très lentes : 2 km à l’heure au maximum

Lourdes tortues de terre.

Les tortues terrestres vivent sur la terre ferme et se déplacent tout doucement (au maximum 2 km/h). Leur grosse carapace les alourdit et limite les mouvements de leurs pattes. Mais ce solide bouclier est aussi une protection efficace les prédateurs et les brusque changements de température.

Tortue de mer nageuses

Les tortues de mer ont des carapaces moins lourdes. Elles nagent vite grâce à leurs pattes en forme de rame. La tortue-luth est la plus grande tortue marine. Sa carapace est d’une peau épaisse comme du cuir.

Des pattes "piliers"

Pas facile de se lever quand on est une tortue des Seychelles et que l’on pèse 225 kg. Pour soulever son énorme corps, cette géante possède des menbres solide comme des pilliers. Elle prend appui sur le sol grâce à ses larges pattes, et pousse de toutes ses forces pour se mettre debout.

Tank à 4 pattes

Les tortues vivaient déjà sur notre planète à l’époque des dinosaures. Elles ont apprit à résister aux prédateurs. En ca de danger, il leur suffit de rentrer leur tête et leur pattes, bien à l’abri sous leur carapace.

DICO

Prédateur

Un prédateur, c’st un animal qui se nourrit de proies. En Europe, les prédateurs des tortues sont, par exemple, les renards, les blaireaux, les chiens...

L’hibernation fait parti du cycle naturel de la vie des tortues de terres. Si pour les tortues vivant dans leur milieu naturel l’hibernation ne pose pas de problèmes, l’hibernation des tortues domestiques est plus difficile à gérer car ces tortues ne se trouvent plus sous le même climat, ce qui peut s’avérer fatal pour certaines espèces.

L’hibernation des tortues est un phénomène naturel, les tortues étant des animaux poïkilothermes (la température de leur corps varie en fonction de la température ambiante), elles ne peuvent vivre pendant les périodes froides. L’hibernation leur permet de passer l’hiver à l’abri des faibles températures en s’enterrant sous terre. Durant l’hibernation le métabolisme de la tortue ralentit considérablement ce qui lui permet de rester assez longtemps sans manger. L’hibernation se déroule en trois phases, la pré-hibernation, l’hibernation et le réveil. L’hibernation joue aussi un rôle essentiel dans la reproduction des tortues.

L’hibernation d’une tortue (et des reptiles en général) est un processus complexe qu’il faut absolument connaître et comprendre pour l’appliquer aux tortues vivant en captivités.

A chaque espèce son hibernation

On trouve des tortues de terre dans de nombreuses régions du globe. De ce fait elles ne sont pas toutes soumises aux mêmes conditions climatiques, ce qui joue énormément sur la date et la durée de l’hibernation. De plus certaines espèces africaines n’hibernent pas en raison des températures élevées même l’hiver. Il est donc nécessaire de bien la physiologie de sa tortue afin de savoir comment lui permettre d’hiberner (ou de ne pas hiberner) dans de bonnes conditions.

■Testudo hermanni, Testudo graeca : Ces tortues sont habituées à un climat méditerranéen (hivers courts et pas trop froids), dans la nature elles hibernent de novembre à mars selon la région et le climat. En France (surtout la moitié nord) le climat est beaucoup plus froid et les hivers plus longs, il faut donc rentrer ces tortues dans un terrarium plus tôt afin qu’elles soient actives plus longtemps. Une longue période d’hibernation pour ces tortues n’est pas recommandée.
■Testudo boetggeri, Testudo ibera, Testudo horsfieldi : Ces espèces de tortue sont beaucoup plus résistantes, notamment la Testudo horsfieldi qui peut rester dehors toute l’année. Contrairement aux espèces citées précédemment, on peut laisser ces tortues passer l’hiver dehors sans risques, elles sont originaires de régions ou les hivers sont semblables aux nôtres. Il faudra toutefois aménager le jardin en conséquence.
■Les autres espèces : On ne peut pas détailler l’hibernation de toutes les tortues, le mieux est de bien connaitre l’espèce et de se renseigner sur ses conditions de vie dans la nature. Certaines tortues africaines n’hibernent pas, d’autres encore hivernent (pendant l’hivernage, elles ne dorment pas mais on une activité très réduite). D’autres encore ne supportent pas le climat français.

Espèce Mode d’hibernation
Geochelone carbonaria N’hiberne pas
Astrochelys radiata N’hiberne pas
Testudo marginata Hiberne durant une courte période
Testudo hermanni Hiberne durant une courte période

Il donc indispensable de connaître l’espèce de sa tortue, sa survie durant l’hiver en dépend.

La pré-hibernation

Durant cette période la tortue commence à diminuer ses prises de nourriture pour finir par ne plus s’alimenter afin que son tube digestif soit complètement vide. Il est important que le tube digestif soit vide car étant donné que l’activité digestive est à l’arrêt durant l’hibernation, des restes de nourriture pourraient provoquer des moisissures, mortelles pour la tortue. C’est pourquoi l’alimentation d’une tortue vivant dans un terrarium doit être diminuée à l’approche de l’hiver puis stoppée avant toute mise en hibernation. Les tortues maintiennent néanmoins une certain activité notamment des bains de soleil.

Il faut ensuite contrôler l’état de santé de la tortue avant et durant l’hibernation. La première règle est de ne jamais faire hiberner une tortue malade, affaiblie ou trop maigre. Il est important de vérifier si la tortue n’a pas de vers (d’où l’intérêt de la vermifuger quelques mois avant l’hibernation).

Ne jamais faire hiberner une tortue malade, blessée ou trop maigre. Elle ne survivrait pas à l’hibernation. Il est préférable de retarder la mise en hibernation pour que la tortue retrouve une meilleure santée

L’hibernation

Le rôle de la température dans l’hibernation

La température est le point essentiel dans l’hibernation d’une tortue, trop froide cela risque de tuer la tortue, trop chaude elle n’hiberne pas convenablement (ce qui peut être dangereux en cas de chute brutale des températures). La fourchette de température idéale pour l’hibernation des tortues se situe entre 5 et 7°C, elle peut monter jusqu’à 10°C mais il y a des risques que la tortue se réveille trop souvent (il arrive pendant l’hibernation que la tortue se réveille quelques jours si le temps est plus doux mais cela ne doit pas durer). A l’opposé les températures proches de 0°C sont dangereuses pour la tortue. Il faut donc que le lieu où hiberne la tortue soit dans cette fourchette de température, et sans atteindre les températures extrèmes.

Hibernation en extérieur

Ce mode d’hibernation est réservé aux tortues pouvant supporter les hivers français. Il est souhaitable de préparer le terrain pour que la tortue puisse hiberner dans de bonnes conditions. Il aussi est important de se préparer car la tortue ne prévient pas lorsqu’elle s’enterre et la retrouver peut être difficile. Les tortues qui vivent dehors toute l’année n’ont pas besoin de subir un traitement particulier lors de la pré-hibernation, elles sont capable de se préparer à l’hibernation toutes seules. On peut par contre contrôler sa condition physique afin de vérifier si elle est capable de passer l’hiver dehors.

■Une terre meuble : les tortues s’enterrent assez profondément si la terre le permet, il est conseillé de bêcher la terre afin de la rendre plus facile à creuser pour la tortue (on en profite pour enlever les gros cailloux et branches qui peuvent gêner la tortue).
■Protéger la zone : lorsque la tortue est enterrée, elle plus vulnérable que jamais, des tôles ou une autre protection contre la pluie est conseillée (une cabane serait l’idéal). De même si la présence de rongeurs est détectée, ajouter un grillage par dessus pour les empêcher de creuser.
■Recouvrir la zone : en ajoutant par dessus des feuilles mortes et de la terre, cela protègera d’avantage la tortue, surtout si elle ne s’est pas complètement enterrée.
■Signaler la présence de la tortue : sur le moment on sait où se trouve la tortue mais on l’oublie vite, signaler sa présence (un simple piquet fait l’affaire) permet d’éviter les accidents (un coup de pelle, tas de bois par dessus la tortue, etc). Les plus inquiets (ou curieux) pourront planter un thermomètre afin de contrôler la température de la terre.

Hibernation en intérieur

Ce mode d’hibernation concerne les tortues vivant dehors durant les beaux jours mais qui ne peuvent passer l’hiver dehors. De même les tortues vivant dans un terrarium hibernent en intérieur. Il y a pour cela plusieurs moyens pour lui faire passer l’hiver à bonne température et dans de bonnes conditions :
■Dans un frigo : je sais dis comme ça c’est barbare mais si c’est bien fait c’est sans danger pour la tortue. Il est conseillé de la placer dans un frigo réservé à cet usage (ou à un usage non alimentaire de manière général). Ce frigo devra néanmoins ne pas être parfaitement étanche, la tortue ayant besoin d’air pour respirer. Pour permettre la circulation d’air vous pouvez soit ouvrir la porte tous les jours pour renouveler l’air mais cela présente des risques (oubli, choc thermique, réveil de la tortue). L’autre moyen est de placer un ou plusieurs tubes dans l’ouverture de la porte afin d’assurer en permanence une circulation d’air.
■Dans une caisse d’hibernation : Cette méthode est la plus proche de la méthode naturelle. Elle consiste tout d’abord en la construction ou récupération d’une caisse en bois suffisamment grande (50 cm de côté pour 70 cm de haut) qui sera aménagée de la manière suivante :
◦Dans le fond une couche de terre assez tassée (vous pouvez même y rajouter des gros cailloux) qui servira d’isolant thermique avec le sol et empêchera la tortue de trop creuser vers le bas.
◦Ensuite une couche composée d’un mélange de terre et de tourbe (et un peu de terreau). Cette couche ne sera pas tassée (pour que la tortue s’enfonce bien). C’est dans cette couche que la tortue sera placée une fois bien endormie.
◦Puis une légère couche de terre qui sera elle même recouverte de feuilles ou de paille. On placera ensuite une coupelle d’eau qui sera utile si la tortue se réveille.

Il y a toutefois certaines précautions à prendre lorsqu’on place une tortue dans une caisse d’hibernation. Il faut d’abord s’assurer que la caisse sera dans une pièce où la température restera entre 5 et 10°C, à l’abri de la lumière et du bruit. Ensuite il faudra vérifier que la terre soit toujours légèrement humide et qu’enfin le dessus de la caisse soit fermée par un grillage solidement fixé.

J’attire votre attention sur l’importance de ce grillage. Lors de l’hibernation la tortue est sans défense, il est donc indispensable de la protéger des rongeurs qui chaque année sont responsables de la mort de tortues en hibernation. Les chats aussi sont une source de danger pour la tortue.

La tortue ainsi bien protégée des basses températures, des prédateurs et passera un hiver tranquille, si la température remonte un peu pendant quelques jours, le bac changera de température beaucoup moins vite et normalement la tortue ne se réveillera pas. Si c’est le cas, c’est pas grave elle se rendormira mais il faudra néanmoins la surveiller si cela dure ou se répète.

Le réveil

Cette phase n’est pas à prendre à la légère, un mauvais réveil pouvant être fatal. Pour les tortues hibernant à l’extérieur, il est prudent de commencer à dégager l’endroit où la tortue hiberne. Pour la tortue hibernant à l’intérieur, il est très important d’éviter le chocs thermiques. il faut monter progressivement la température durant 2 à 3 semaines pour atteindre les 15-20°C. La tortue sera alors contrôlée (maladie, perte de poids, forme) er remise dan sson lieu de vie si les conditions le permettent.

Alimentation naturelle

Les tortues aquatiques élevées en captivité sont le plus souvent représentées par ces trois espèces. Aussi nous allons nous intéresser exclusivement aux besoins alimentaires généraux de ces trois espèces. En premier lieu nous rappellerons que les tortues aquatiques doivent impérativement se nourrir dans leur milieu, exactement comme dans la nature. Il est hors de question de les sortir de leur aquarium pour les nourrir. Cela peut paraitre évident à certains, mais il semble que cela ne le soit pas pour tous.

Rappelons également que la digestion des tortues est un processus long et très lent. La présence d’une source de chaleur importante permettant une mise en insolation après le repas donnera à la tortue la possibilité d’une sieste digestive hautement profitable à son organisme. Tout animal (l’homme y compris) qui vient de manger dépense dans les heures qui suivent une énergie importante consacrée à sa digestion stomacale. L’activité physique et mentale est alors réduite jusqu’à l’arrivée du bol alimentaire dans l’intestin. Les tortues aquatiques doivent donc avoir la possibilité de rester à un endroit chaud, lumineux et hors de l’eau pour pouvoir favoriser leur digestion.

La présence d’un tube UV est fortement recommandée pour compléter l’apport en vitamine D3 des squelettes de poissons ingérés.

Intéressons-nous maintenant au menu proprement dit des tortues aquatiques. Le rapport phosphocalcique (Ca/P) est un facteur aussi déterminant chez les tortues aquatiques que chez les tortues terrestres. Celui-ci doit être supérieur ou égal à 2. C’est à dire que la ration alimentaire doit contenir en moyenne deux fois plus de calcium que de phosphore. Ce rapport est très important pour assurer à l’organisme de la tortue une croissance équilibrée de la carapace et du squelette. Certains aliments, pourtant fréquemment livrés aux tortues aquatiques, sont en réalité à proscrire.

Les gammares (crevettes) séchées

C’est une alimentation complètement déséquilibrée ! Les gammares séchés contiennent beaucoup trop de phosphore et pas assez de calcium. Et une valeur nutritive absolument nulle ! De plus l’alimentation des tortues aquatiques doit être principalement composée d’animaux frais et autant que possible vivants. Ce n’est pas difficile du tout.
Si les animaleries de quartier vendent autant de gammares séchés, c’est pour deux raisons :

■1. Pour ceux qui ne savent pas ce qu’ils vendent c’est une solution de facilité. Motif : la stupidité (elle existe partout) ou l’ignorance de la vie des animaux vendus.
■2. Pour ceux qui savent ce qu’ils vendent c’est pour eux l’assurance d’un achat de nouvelles tortues dans peu de temps par le même client. Motif : malhonnêteté vis à vis de la clientèle et attitude criminelle vis à vis des tortues !

Les crevettes sont excellentes si elles sont fraiches, car elles sont naturellement riches en calcium et en de nombreuses vitamines. En revanche si elles sont séchées elles sont à proscrire dans l’alimentation des reptiles en général et des tortues en particulier, car elles ont alors perdu toutes leurs qualités nutritives, tout leur calcium, et une très grande partie de leurs vitamines !

Donner des crevettes séchées à des tortues revient quasiment à les priver d’alimentation.

Les moules

La moule est un coquillage ayant un fort pouvoir de filtration des pollutions. Cela signifie qu’elle retient un nombre très important de bactéries et de salmonelles, sans compter les produits chimiques industriels déversés sur le littoral par les entreprises peu scrupuleuses des bords de mer tout le long de nos côtes. Pour dépolluer les moules il faut procéder à une longue et profonde immersion dans des eaux claires de bonne qualité. Les conchyliculteurs ont des bassins de décontamination et de décantation en général suffisants pour dépolluer les moules de façon à les rendre propres à la consommation humaine (les normes sont très strictes). Or on sait que les tortues aquatiques sont d’importantes porteuses de salmonelles et de bactéries diverses, même si elles ne développent pas facilement de pathologies liées. Et il n’est pas certain que le nettoyage des moules destinées à la consommation humaine soit suffisant pour l’alimentation des tortues, loin de là ! Le problème de la contamination par les moules est à prendre très au sérieux quand on sait le taux record de pollution des terres bretonnes et nordiques dont les infiltrations dans les nappes phréatiques vont jusqu’à plusieurs kilomètres au large du littoral. A la contamination bactériologique il faut ajouter la contamination chimique (pesticides, rejets d’usines, boues d’épuration, déversement des égouts des communes côtières). Il faut aussi se souvenir que les eaux de la Manche et de la Mer du Nord sont le lieu de fréquentation le plus important au monde par les navires de commerce. Les normes d’acceptation pour une consommation humaine sont certainement infiniment trop élevées pour nos tortues.

Par ailleurs il est bon de savoir que la moule, comme l’huître, peut être porteuse du virus de l’hépatite infectieuse, de l’herpès, et du vibrion du choléra. Depuis 1984, de nombreuses régions du littoral français sont régulièrement affectées par la présence de bactéries et de toxines en suspension dans l’eau de mer, et ces infections se concentrent essentiellement et de façon forte dans les moules et, dans une moindre mesure, dans les huîtres.

Dans l’absolu, la moule pourrait être une bonne alimentation pour les tortues, surtout si elle provient de régions maritimes à l’écart de nos pays industriels, mais notre activité humaine fait que celle-ci devient un aliment d’une qualité plus que douteuse pour les tortues.

Certains poissons

Il faut savoir aussi que les poissons à chair grasse sont les plus sensibles à la pollution, et qu’il est préférable de donner à nos tortues des poissons à chair maigre. Beaucoup de poissons de rivi res sont fortement pollués, même si c’est peu sensible pour notre consommation. Préférez donc en général des poissons qui soient de rivière montagneuse ou de haute mer et à chair maigre. En revanche certains poissons de mer à chair grasse sont malgré tout d’excellentes sources de vitamine A, comme le saumon par exemple, qui est d’ailleurs peu soumis à la pollution s’il vient de mers très froides.

Enfin il est certains poissons qu’il ne faut jamais donner aux tortues car ils contiennent une forte teneur en thiaminase, une enzyme détruisant la vitamine B1 (on parle d’antivitamine B1). Il s’agit essentiellement de l’éperlan, de la sardine, de l’alose, de la carpe, du hareng, du chabot, du poisson-chat, de certains poissons rouges. Ces poissons sont à éviter !

Les poissons congelés en quantités excessives

Passons maintenant au problème de la congélation. La congélation, si elle est idéale pour faire disparaître un grand nombre de bactéries, a aussi un fâcheux inconvénient : elle réduit considérablement la teneur de vitamine C (jusqu’à disparition complète surtout au moment de la décongélation). Or la vitamine C, et son pouvoir antioxydant, est particuli rement importante dans la lutte de l’organisme contre les germes pathogènes. Autre grave problème, la multiplication de bactéries pathogènes, encore une fois lors de l’étape de décongélation. Une vraie bonne décongélation devrait passer par une étape en chambre de réfrigération à -10°C. Or les particuliers ne peuvent décongeler en général qu’à température ambiante ou dans un réfrigérateur (de surcroît la plupart du temps mal réglé), d’où un développement important des germes. La plupart des gens savent que la décongélation doit être effectuée dans les règles de l’art (surtout pour le poisson et les fruits de mer justement !), c’est écrit dans de nombreuses notices de congélateurs. Mais bien peu savent exactement ce que sont le processus de la congélation et celui de la décongélation. Tout comme bien peu savent la différence réelle entre une congélation et une surgélation.

La pire des pratiques est la recongélation. En ce qui concerne la recongélation, il a échappé à la plupart d’entre nous un détail important dans les connaissances de base (un détail rarement mentionné dans les petites notices à l’usage des consommateurs et qui fait l’objet du troisi me point ci-dessous) :

■S’il est en effet interdit (sous peine de sérieux problèmes bactériens) de recongeler cru un aliment qui a déjà été congelé cru (cas classique : poisson acheté en barquette et qui a décongelé dans le coffre de la voiture et qu’on remet au congélateur à l’arrivée).
■S’il est également interdit, pour les mêmes raisons, de recongeler cuit un aliment déjà congelé cuit (pizzas surgelées par exemple).
■Il est en revanche parfaitement sans danger de recongeler cuit un aliment qui a déjà été congelé cru. A condition que la cuisson par la ménagère soit forte (supérieure à 70°C) ou qu’il s’agisse d’une pasteurisation industrielle (élévation brutale à 71°C pendant 15 secondes suivis d’un refroidissement brutal).

Le processus de décongélation développe un certain nombre de bactéries (essentiellement des salmonelles et toutes les espèces de Pseudomonas) qui resteront actives à la recongélation sauf s’il y a cuisson forte (supérieure à 70°C) avant la recongélation, et à condition que le produit soit encore cru et frais lors de cette cuisson !

Dire qu’il ne faut jamais recongeler un produit qui a décongelé (mention que vous lisez partout) est complètement insuffisant. C’est louable, parce que cela simplifie nettement la pédagogie, mais c’est insuffisant ! Bref. Il est préférable, pour des raisons essentiellement bactériologiques, de ne jamais donner de moules à vos tortues et de ne pas congeler les aliments que vous leur donnez. Et pour des raisons diététiques évidentes, de ne jamais donner à vos tortues de crevettes séchées.

Maintenant voyons les aliments qui entrent dans le menu des tortues aquatiques.

Origine animale

Voici la liste préconisée par le Dr Schilliger (vétérinaire ayant une grande connaissance des tortues) :
■Anguilles
■Petits poissons crus et entiers (mais pas d’éperlans, ni de sardines, ni d’aloses, ni de carpes, ni de harengs, ni de chabots, ni de poissons chats, ni de poissons rouges, car ces poissons contiennent de l’antivitamine B1). L’idéal serait que ce soit des poissons vivants mis dans le bassin de la tortue afin qu’elle "joue" un peu avec eux avant de se régaler quand elle en attrape un.
■Fruits de mer (sauf les moules et surtout pas de crevettes séchées !!!)
■Vers de terre, limaces et escargots vivants
■Morceaux de foie cru, riche en vitamine A
■Insectes
■Souriceaux nouveau-nés roses ou duveteux (blanchons de 3 jours)
■Gardez toujours un os de seiche dans un coin de l’aquaterrarium. Cet os de seiche doit être acheté frais chez un poissonnier plutôt que déshydraté dans une animalerie ou une grande surface.

Origine végétale

Les tortues aquatiques se nourrissant non seulement de produits de la rivière mais aussi de végétaux (et de plus en plus à mesure qu’elles prennent de l’âge) cette liste d’aliments aquatiques ci-dessus doit impérativement être complétée par celle que j’ai faite à l’origine pour les tortues terrestres, qui se trouve à l’adresse suivante :

■Alimentation des tortues terrestres méditerranéennes sur ce site
■Alimentation des tortues terrestres méditerranéennes sur le site de Jacques Prestreau

Proportions de la ration alimentaire

La proportion idéale pour une jeune tortue aquatique doit être de 2/3 de la liste animale (première liste ci-dessus) et de 1/3 de la liste végétale (seconde liste ci-dessus). Quand les tortues aquatiques deviennent plus âgées elles adoptent souvent une alimentation plus végétarienne et ces proportions doivent alors être adaptées vers une plus forte quantité de végétaux. Intégrez au fil des années de plus en plus de végétaux aquatiques dans leur ration quotidienne, c’est à dire du cresson, et de la jacinthe d’eau, etc.

Il faut un apport indispensable de végétaux terrestres tels que le pissenlit, le trèfle, la romaine, la feuille de navet, l’endive, la blette, le cresson. Les fruits doivent être distribués en très petites quantités pour éviter un excès d’acidité gastrique et un déséquilibre en calcium.

Vous devrez varier les poissons et les végétaux. Si vous trouvez des escargots et des limaces en automne, vos tortues se régaleront ! De même avec les vers achetés dans les magasins d’articles de pêche. Mais ne donnez pas trop de vers et d’asticots.

Quantité de la ration alimentaire

Rappelons également que les tortues en captivité mangent souvent trop, leur propriétaire ayant le souci de bien les nourrir a la main souvent trop lourde. Il en résulte de nombreuses pathologies hépatiques, notamment des stéatoses. Une stéatose qui se prolonge dans le temps peut devenir irréversible et induire des problèmes circulatoires généraux. Tout l’organisme va alors en subir les conséquences.

La ration alimentaire quotidienne d’une tortue adulte ne dépasse pas les 3 à5% de son poids. Les juvéniles, ayant une capacité de déplacement beaucoup plus importante que les adultes dans un espace identique, pourront être alimentés jusqu’à 10% de leur poids. Les juvéniles devront être alimentés tous les jours. Les adultes seront de préférence alimentés tous les deux, voire trois jours, leur digestion étant très lente. Vous avez maintenant de quoi apprendre pour alimenter correctement vos tortues aquatiques.

N’oubliez pas qu’une tortue mal nourrie souffre en silence. Nourrissez correctement vos animaux en apprenant et
en vous documentant sur leur vie en milieu naturel.

Recette de pudding pour tortues aquatiques par Denis Mosimann

Cette recette a été élaborée par Brigitte Artner. Cette gelée contient tous les éléments nécessaires à la bonne croissance des tortues et lui permet d’élever environ 30 espèces de tortues aquatiques, du stade juvénile au stade adulte. Je remercie d’ailleurs aimablement Brigitte et Harald Artner de m’avoir autorisé à traduire leur recette en français et à la diffuser.

Composition

Les ingrédients sont les suivants pour environ 12 litres :

■20 triopacks (paquets de 3 sachets, soit 60 sachets) de gélatine de cuisine sous forme de poudre, de marque Oetker ou d’une marque équivalente
■1,5 kg de truites fraîches du poissonnier
■0,72 kg de crevettes naturelles fraiches, mais pas à l’huile (par exemple 6 paquets de 120g de John West)
■0,54 kg de moules naturelles fraiches (par exemple 6 paquets de 90 de la firme Schenkel)
■1,5 kg d’escalope de boeuf
■6 oeufs de calibre moyen
■1,5 litre de lait
■9 pots de purée pour bébés, répartis en :
◦3 pots de carottes
◦3 pots de légumes du jardin
◦3 pots d’épinards
■0,3 kg de foie de lapin ou de foie de volaille
■3 cuillères a soupe de poudre multivitaminée
◦Korvimin ZVT (seulement disponible en Allemagne)
◦ou Reptivit (en France)
■2 petits sacs de colorant alimentaire rouge fraise
◦"Sissi" de la firme Schimek (en pharmacie) : http://www.vienna-color.com/f/produkte/lebensmittelfarben.html
◦ou de tout autre colorant alimentaire naturel (en magasin diététique)rouge
■2,5 litres d’eau
■Des récipients en aluminium. Plus les récipients seront petits et nombreux, plus leur utilisation sera pratique

Préparation

■1. Verser les 60 sachets de gélatine en poudre dans un récipient de contenance d’au moins 12 litres. Le récipient doit être environ deux fois plus haut que la hauteur de la gélatine qui sera préparée dedans.
■2. Ajouter lentement 2,2 litres d’eau de bonne qualité en remuant le tout.
■3. Laisser prendre pendant environ 20 minutes.
■4. La gélatine doit rester bien liquide à une température de 40°C
■5. Pendant ce temps rincer abondamment les crevettes et les moules sous l’eau du robinet.
■6. Hacher les truites, la viande de boeuf, le foie, les crevettes et les moules. Bien mélanger le tout dans un grand récipient.
■7. Verser le contenu des 9 pots pour bébés dans la purée hachée de viande, de mollusques et de poissons.
■8. Y verser ensuite le lait et les oeufs en remuant lentement.
■9. Finalement y ajouter les 3 cuillères de poudre vitaminée (Korvimin ZVT ou Reptivit).
■10. Diluer le colorant rouge dans environ 0,3 litre d’eau chaude, puis ajouter à la bouillie.
■11. Mélanger le tout afin d’obtenir une bouillie parfaitement homogène.
■12. Chauffer pour atteindre une température de 40° équivalente à la gélatine de l’autre récipient.
■13. Refroidir légèrement la gelée au dernier moment en y ajoutant quelques centilitres d’eau froide sans oublier de la remuer en permanence !
■14. Verser rapidement la bouillie dans le récipient de gélatine liquide. Remuer énergiquement le tout durant quelques minutes.
■15. Répartir le mélange dans les récipients en aluminium, ces récipients étant les plus petits et les plus nombreux possibles.
■16. Laissez refroidir lentement, puis mettez quelques heures dans la partie la plus froide du réfrigérateur.
■17. Lorsque le mélange a durci, après quelques heures, il est transféré dans le congélateur.

Un pot de gelée doit être sorti le jour même où il est servi aux tortues. Après mise à température ambiante, il est découpé en petites portions et la quantité donnée aux tortues doit être mangée au maximum après 10 minutes. Le volume quotidien à donner à chaque tortue est équivalent au volume de sa tête (qui a le même volume que l’estomac plein).

Célia Geoffroy

Portfolio automatique :